samedi 5 décembre 2009

Du cul, du cul, du cul

Journée exceptionnelle, puisque qu'en ce jour de samedi, parution d'un billet, réservé aux jours où je suis en mission. Cette exception confirme la règle et ne se reproduira pas, mais pour mon anniversaire (à oui au fait, c'est mon anniversaire), je me suis fait plaisir avec ce billet à thème.

Et le thème du jour c'est le cul, le pétard, le fion, l'Abbaye du verso, le croupion, le derche, les miches, le garage à bite, les mouilles. Mais aussi la bite, le chibre, le zob, le braquemard, le membre, le pénis, le phallus, la verge, le zizi, la biroute, l'agace-cul, la saucisse, la quéquette et son pendant féminin, la chatte, la foufoune, l'abricot, le berlingot, le callibistrys, la chagatte, l'étui à clarinette, la motte, la nénette, la salle des fêtes, le ravin d'amour. Ne pensez pas que j'oublie les seins, les nichons, les airbags, les doudounes, les gants de toilettes, les roberts, les mamelles, les miches, les œufs-au-plat, les petches, les roploplos.

Bref, si vous êtes pudibonds, revenez lundi. Pour les autres ne vous réjouissez pas trop vite, le sujet ne sera traité que sous l’angle d'un visiteur du Louvre. Et vous constaterez que si j'ai pu tracer des grandes lignes du nu au Louvre, je conserve quand même beaucoup de questions sans réponse.

Les grandes lignes
En effet on ne passe pas ses pauses déjeuner en Louvre sans être un peu perturbé par cette quantité de chaire. Il y en a partout. Chez les grecs, les romains, les espagnols, les italiens, les romantiques même chez les plus luthériens de l'école des Flandres ; il y a toujours un bout de téton échappé d'un corsage, un haut de fesse sur lequel glisse un morceau d'étoffe, un repli de la cuisse laissant apparaître un bout de sexe. C'est la seule unicité dans ce musée, de tout temps, de toute époque, quelque soit le pays, le régime politique ; les artistes ont toujours représenté des corps nus.


De ce constat quelques remarques à prendre en compte. De façon générale, et à l'exception de Rubens, les corps nus sont toujours magnifiques, beaux, musclés, fins. La chaire y est ferme et élastique. Bref, le gros est une invention moderne. Tous ces peuples méditerranéens qui ne mangeaient que du pois chiche et de l'huile à tous les repas étaient en fait de splendides athlètes ou de magnifiques matrones.


Derrière ce sarcasme la question de qui est nu ? Globalement, en peinture comme en sculpture les dieux et demi-dieux sont nus (Mars, Vénus, Neptune, Hercule, Castor et Pollux, les Nymphes). Nus et beaux, ils sont dieux avant tout et le valent bien. Theodoricos Angelopoulos, pêcheur au Pirée en nudité cela ne vaut pas une Aphrodite juste habillée de sa ceinture.


Sont nus aussi les empereurs romains, mais pas représentés en empereur, en fils de Vénus donc des quasi dieux, donc très beaux. La nudité va se perdre avec la fin de l'Antiquité. Il faudra attendre la Renaissance pour que la nudité revienne à la mode. Puis ce fut par vague. On sait que Michel-Ange peigna les personnages nus dans la chapelle Sixtine et que le travail de Daniele da Volterra fut de repeindre des voiles pudiques sur les parties. Il y a gagné le surnom de Braghettonne (le culottier).

Pour les femmes le constat est le même et jusqu'à la Renaissance, à part la poitrine divine de Marie, peu de représentation pendant le Moyen Age. A noter que la poitrine mariale prend alors des formes étranges et, selon le peintre, le téton sacré oscille sur l'ensemble du sein donnant à l'enfant Jésus des poses physiquement amusantes pour essayer de l'attraper, d’un tableau à l’autre.


Mais ne pensez pas que le Moyen Age fut exempt de nudité, elle était associée au pêché originel. Les artistes se replièrent sur deux personnages : Saint Sébastien (déjà évoqué dans un précédent billet) pour les hommes et Marie Madeleine (bientôt évoquée dans un futur billet) pour les femmes.

Ces choses admises voici la seule vraie question : Quelle taille ? Chez les femmes la poitrine se porte petite, ferme et assez étendue sur le poitrail. Ce doit être un 90B ou un petit 95B. C'est d'ailleurs amusant de voir toutes ces poitrines fermes et dodues quant à l'époque, faute de soutien gorge, elles ramassaient leurs nichons au niveau des rotules. Pour ce qui est du téton, sa taille, son érectibilité et son détail étaient laissés à la libre appréciation de l'artiste. Je n'ai pas réussi à dégager une règle stricte à ce sujet.


Quelle taille ? Chez les messieurs la quequette est assez petite et jamais en érection. Le seul qui le soit, c'est l’hermaphrodite. Je ne comprends pas bien cette modestie masculine. Imaginez-vous empereur de Rome. Votre territoire va de Lisbonne à Damas, de Manchester à Tripoli. Vous vous faites faire une sculpture et dessus vous avez un tout petit zizi. Non il aurait fallu un chibre de folie, un braquemard de tous les dieux qui puisse service de cadran solaire au Colisée. Au lieu de cela une virgule ridicule.

La plus souvent nue reste Aphrodite/Vénus et pour les hommes c’est Hercule. En voilà un brave, taillé comme un troisième ligne de rugby, fort comme un ottoman, triomphant de tous les travaux avec entre les jambes une brindille minuscule. Je ne veux même pas ergoter sur le fait de remplir douze travaux, c’était pas mal, il fallait le faire. Le véritable exploit c’est de le faire cul nu avec les roubignolles qui balancent en dessous. Essayer de tuer un lion. Puis refaites l’expérience mais nu. C’est déconcertant.

Les grandes questions

Pourquoi le poil est banni ? On imagine en sculpture les difficultés de rendre un tel mouvement mais en peinture ? Pas plus de pilosité sous le pinceau que sous le burin. Et l'excuse de la sculpture n'est pas recevable, tous ces héros ont des cheveux soigneusement détaillées, parfois la barbe. Alors pourquoi pas un petit pubis et/ou un torse velu ?

Pourquoi il n'y a pas de circoncision ? Que ce soit les sujets ou leur modèle pas une seule bite à col roulé. Les juifs et les arabes seraient-il pudiques ou est-ce par pur antisémitisme ? Certaines sourates du Coran valent notre Cantique des Cantiques. La juive Bethsabée était réputée dans tout le Moyen Orient pour sa beauté et sa cuisse légère.


A quel âge devient-on un homme ou un jeune homme ? Car si les filles et fillettes sont souvent absentes ou vêtues, pour la gente masculine c'est une explosion de zizis à tous les âges. Jésus, par exemple, est toujours nu dans les bras de sa mère. Pas toujours le sexe exposé mais nu. Il prend le sein, il a le physique d'un enfant de cinq ans mais il est encore nu dans les bras de Marie. Puis pendant trente ans plus rien avant qu'on le retrouve en train de faire l'acrobate sur une croix avec un pagne à la taille, il est encore nu. Quand je dis un pagne je m'interroge sur la façon dont il tient dans la plus part des cas ?

Les anges n'ont-ils vraiment pas de sexe ? Là aussi peinture et sculpture ont une réponse : les anges sont masculins, grammaticalement parlant mais aussi artistiquement. Les anges ont un tout petit sexe mais une énorme paire … d’ailes. Est-ce que la sexualisation des anges est liée au fait que les principaux passeurs de commandes artistiques furent les curés, évêques, cardinaux et papes ? La pédophilie séculière et régulière n'étant pas une invention moderne.


Les artistiques antiques, les peintres de la Renaissance avaient-ils compris avant Newton les lois de l’attraction ? Serait-ce la seule explication pour ne pas représenter des sexes turgescents ou des seins énormes ? La chute des corps explique-t-elle tout ? Les artistes étaient-ils moins obsédés que moi et considéraient-ils que la puissance d’un corps ne se résumait pas entre les cuisses ou bien sur la poitrine ? Je ne pense pas. Des cochons il y en a toujours eu. Les gravures du XVIIIème sont beaucoup plus licencieuses que ce qui a été écrit au dessus. Si vous voulez des gros sexes en érection ou d’énorme poitrine il faut devancer ou suivre les œuvres exposées au Louvre. Il faut aller au Musée du Quai Branly voir les statues des arts premiers ou au Musée d’Orsay admirer les peintures du XIXème.

Voici les limites du Louvre, un musée de salon, avec des artistes de cours. Ils ne représentent pas pleinement la liberté des peuples anciens ou l’extériorisation de l’art des impressionnistes et je ne vois pas d’autre explication.

Et comme c'est mon anniversaire voici mon cadeau: un extrait du film de Jean-Michel Ribes Musée Haut Musée Bas :